Steve Guerdat, premier cavalier de l'histoire à régner sur les quatre majeurs
En conservant son score de 0,86 point jusqu'au franchissement de l'ultime ligne d'arrivée, Steve Guerdat a écrit l'une des plus glorieuses pages du saut d'obstacles moderne. Déjà sacré champion olympique à Londres en 2012, champion d'Europe à Riesenbeck en 2023 et triple vainqueur de la finale de la Coupe du monde, le pilote helvétique devient le tout premier cavalier de l'histoire à remporter les quatre coronnes individuelles majeures de la discipline. Seul le Néerlandais Jeroen Dubbeldam avait jusqu'alors réussi le triplé Jeux olympiques, Mondiaux et Championnats d'Europe, mais le Suisse y ajoute la dimension de ses victoires en finale de la Coupe du monde, scellant une régularité et une polyvalence inédites au sommet du saut d'obstacles mondial.
Dynamix de Bélhème, le chef-d'œuvre de l'élevage normand
Ce sacre consacre également une jument d'exception. Née dans l'élevage normand de Frédéric Aimez, la Selle Français Dynamix de Bélhème est le seul cheval de ces Mondiaux à n'avoir renversé aucune barre au cours de la semaine. Hors norme et incroyablement intelligente, la jument de treize ans a suivi une préparation sur mesure jalonnée de quatre concours ciblés pour surmonter des pépins de santé cette saison. « Elle est une exception », a confié Steve Guerdat, admiratif de sa partenaire qui réalise l'exploit d'offrir une médaille individuelle à son cavalier lors de chacun de ses trois championnats disputés (or européen en 2023, argent olympique en 2024 et or mondial en 2026).
Un scénario dantesque : les exploits de Spits et Charles, les désillusions des favoris
Cette finale dominicale tracée à 1,65 m par Frank Rothenberger a réservé un suspense insoutenable et de multiples rebondissements. Dès le premier tour, plusieurs favoris ont vu leurs espoirs s'envoler, à l'image des refus essuyés par Richard Vogel sur le mur numéro 4 avec United Touch S et par Ben Maher sur la palanque numéro 9 avec Point Break. Lors de la seconde manche réservée aux douze meilleurs couples, l'Écossais Scott Brash a été victime d'une lourde chute sans gravité sur le triple avec Hello Mango, tandis que l'Italien Piergiorgio Bucci (Hantano) a laissé échapper la médaille d'argent en fautant sur le tout dernier obstacle.
Ces déconvenues ont profité à une jeune génération étincelante. Déjà médaillé d'argent par équipes vendredi, le Belge Thibeau Spits a aligné deux parcours d'une précision remarquable avec Impress-K van't Kattenheye Z (5,60 points) pour s'emparer du titre de vice-champion du monde individuel. Le podium est complété par le Britannique Harry Charles, auteur d'un double sans-faute dominical de toute beauté aux commandes de LT Holst Freda (7,17 points).
Nina Mallevaey dans le Top 8 mondial : la fierté et l'apprentissage
Seule représentation tricolore au départ de cette finale réservée aux 25 meilleurs couples de la semaine, Nina Mallevaey a défendu son rang avec beaucoup d'autorité aux rênes de Dynastie de Beaufour. Auteure d'une première manche parfaite, la Nordiste a concédé une unique erreur sur l'oxer numéro 4 lors du second tour pour conclure son championnat au huitième rang mondial (10,93 points).
Malgré la frustration d'une faute qui la prive d'un podium individuel accessible, la meilleure Tricolore retient la magie et l'engagement sans faille de sa jument sur les parcours les plus exigeants de la planète. Nina Mallevaey entend désormais tirer tous les enseignements de cette expérience majuscule pour aborder les prochaines épreuves internationales avec l'ambition renouvelée d'offrir une médaille à sa monture.